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Mais qu’est-ce que tu nous chantes là ? Jean Petit qui danse

Salutation !
Prêt pour perdre aujourd’hui encore une part de votre douce petite âme ?

Alors pour cette fois nous parlerons d’anatomie MAIS PAS DE SEXE !!!
Je sais que vous adorez ça mais bon sang pas à chaque fois.

La comptine d’aujourd’hui est une comptine souvent utilisée pour apprendre l’anatomie à nos marmots.
Vous le devinerez sans doute, nous allons décortiquer (et ce mot n’est pas de trop) « Jean Petit qui danse »
Alors vous avez maintenant l’habitude de cette chronique, donc maintenant place aux paroles.

« Jean Petit qui danse (bis)
de son bras il danse (bis)
de son bras bras bras
et de sa main main main
et de son doigt doigt doigt
Hey ! Ainsi danse Jean Petit

Jean Petit qui danse (bis)
de son pied il danse (bis)
de son pied pied pied
et de son bras bras bras
et de sa main main main
et de son doigt doigt doigt,
Hey ! Ainsi danse Jean Petit

Jean Petit qui danse (bis)
de sa jambe il danse (bis)
de sa jambe jambe jambe,
de son pied pied pied,
de son bras bras bras,
et de sa main main main,
et de son doigt doigt doigt,
Hey ! Ainsi danse Jean Petit

Jean Petit qui danse (bis)
de son ventre il danse (bis)
de son ventre ventre ventre,
de sa jambe jambe jambe,
de son pied pied pied
et de son bras bras bras
et de sa main main main
et de son doigt doigt doigt,
Hey ! Ainsi danse Jean Petit

Jean Petit qui danse (bis)
de son épaule il danse (bis)
de son épaule, paule, paule
de sa fesse fesse fesse
et de son ventre ventre ventre
et de sa jambe jambe jambe
et de son pied pied pied
et de son bras bras bras
et de sa main main main
et de son doigt doigt doigt
Hey ! Ainsi danse Jean Petit »

Etc…

Voilà en gros la structure de la chanson.
A chaque couplet on ajoute une partie du corps et on reprend les précédents.

Alors que pouvons nous déduire d’un texte aussi simple ?
C’est vrai que cette fois, les paroles sont tellement basique (et connuent pour une fois) qu’il paraît difficile d’y dénicher quelque chose de croustillant.
Et pourtant, c’est bien mal nous connaître.

Alors par où commencer ?
Et bien voyons déjà qui est ce Jean Petit !
Et pour cela, cours d’histoire !

En juin 1643, à la mort de Louis XIII, les paysans du Rouergue, dits les croquants, se soulèvent.
La révolte des croquants, ça vous dis quelque chose ?

gravure_rocal
Menaient par le chirurgien Jean Petit et le maçon-aubergiste Guillaume Bras, ils contraignent l’intendant de Charreton à signer deux ordonnances.
Forts de cette première réussite, les croquants se rendent durant l’été, au nombre de 10.000, mettre le siège devant Villefranche, mais ils sont défaits par le gouverneur de la province. Les meneurs sont arrêtés.
Jean Petit et Guillaume Bras sont roués vifs.

Et le voilà notre Jean Petit !
Mais que peut il bien foutre sur un rouet ?
Et bordel c’est quoi cette roue ?

La roue est un moyen de supplice utilisé depuis l’Antiquité jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Au cours de l’histoire, ce supplice a revêtu différentes formes.
Dans l’Antiquité, on attachait les condamnés aux rayons d’une roue pour les torturer ou les faire tourner parfois jusqu’à la mort.
Au milieu du Moyen Âge, apparaît un nouveau mode d’exécution au cours duquel le condamné à mort, après avoir eu les membres et la poitrine brisés en étant écartelé sur le sol ou sur une croix en bois, reste exposé sur une roue jusqu’à ce que mort s’ensuive. Selon la résistance du patient, l’agonie sur la roue pouvait durer de quelques instants à plusieurs jours.

Parfois encore, le bourreau brisait tour à tour les membres du condamné à coup de masse ou de bâton.

supplice_roue

Voilà donc le supplice que subit notre Mr. Petit.

Et voici donc l’explication qui va bien. La comptine est en faite une énumération des membres qui sont tour à tour brisés sur la roue.
Et en se tordant de douleur face à cette torture, notre protagoniste donne cette impression de danser.

Je vous laisse essuyer la bave qui coule sur votre menton et prendre un peu de recule.
Car oui, vous chantez bien l’histoire de ce sombre acte de torture à vos enfants.

Allez la prochaine fois on vous en remet une couche.
Et en attendant évitez de chanter n’importe quoi.

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