Mais qu’est-ce que tu nous chantes là ? Nous n’irons plus au bois

Bien le bonjour à toi l’internautateur qui traîne par ici.
Voici venu le temps de la minute poétique et florale. Rien que ça ? Quel beau programme…
En effet cette semaine on parle de prostitution !
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Enfin « on parle »… On va vous démontrer que VOUS parlez de prostitution à vos enfants.
Regardez bien ses grands yeux qui pétillent et son sourire qui s’épanouit lorsque vous commencer à lui chanter cette chanson.
Oui votre sadique de bambin se fend la poire lorsque vous lui parlez de dames à l’affection négociable (la DDASS c’est par où svp ? )

Mais dans quelle chanson sont dissimulées ces charmantes personnes ?
Je vous laisse découvrir cela avec le texte :

« Nous n’irons plus au bois,
Les lauriers sont coupés,
La belle que voilà
Ira les ramasser

Refrain
Entrez dans la danse,
Voyez, comme on danse,
Sautez, dansez,
Embrassez qui vous voudrez.

La belle que voilà
Ira les ramasser,
Mais les lauriers du bois,
Les lairons-nous couper ?

Non chacune à son tour
Ira les ramasser.

Si la cigale y dort
Il n’faut pas la blesser.

Le chant du rossignol
Viendra la réveiller.

Et aussi la fauvette
Avec son doux gosier.

Et Jeanne la bergère
Avec son blanc panier.

Allant cueillir la fraise
Et la fleur d’églantier.

Cigale, ma cigale,
Allons, il faut chanter.

Car les lauriers du bois
Sont déjà repoussés. »

Cette comptine est très ancienne. Son origine la plus lointaine provient d’une décision de notre bon roi Louis IX plus connu sous le nom de Saint Louis.

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Notre cher roi était, comme beaucoup de nos rois, porté sur la chose.
Mais ça le picoté légèrement que, à quelques pas de chez lui, des femmes se prostituent dans divers établissements de Paris.Ces maisons de passe étaient souvent de vulgaires et insalubres baraques en planches.
Or le mot planche se disait « bord » en germain, ce qui par extension donna en ancien français le terme « borde » dès le XIIème siècle.
Voilà pourquoi l’on nomma « bordel » les établissements où l’on pratiquait l’intromission et l’aspiration à divers niveaux et, pour les distinguer des autres baraques où l’on pratiquait d’autres activités plus licites, on y suspendait une branche de laurier au-dessus de la porte.

Mais voilà, le Louis qui n’était pas encore Saint, ça le dérangeait tout ce stupre, alors il fit interdire ces horribles lieux de débauche par un édit de 1254.

C’est ainsi que l’on vit apparaître la version primitive (aujourd’hui disparue) de la chanson dont le sens s’éclaire sous un nouveau jour (version du XVIIème siècle ) :

Nous n’irons plus aux bois (baraque en bois= bordel)
Les lauriers sont coupés… (interdits)

Quant à la belle que voilà, on voit bien quel est son métier…

Entrez dans la danse,
Voyez, comme on danse,
Sautez, dansez,
Embrassez qui vous voudrez.

En ce qui concerne le refrain, ai-je besoin de vous faire un dessin ?

Finalement, le bon roi devant une levée de boucliers générale (et pas que de boucliers), va faire marche arrière et révoquer son édit puis autoriser à nouveau la prostitution en limitant le commerce des aimables dames à certains quartiers de la ville.

Louis IX était un bon administrateur et il avait finalement compris que la politique ce n’était pas tout régenter mais gérer rationnellement le bordel ambiant.
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Certaines sources datent cette chanson de l’époque de Louis XIV.
Les travaux de Versailles étant retardés par une épidémie de syphilis (je vous laisse vous renseigner sur cette maladie si vous le jugez nécessaire.) aurait décidé de fermer les maisons du plaisir pour endiguer ce fléau.

C’est finalement sous le règne de Louis XV que Madame de Pompadour aurait fait évoluer ce texte pour en faire une ronde lors du Noëm de 1753.

Qu’en est il réellement ? Nous ne le seront sans doute jamais mais toujours est il que votre marmot s’éclate des décisions royal concernant les putes…

Alors, on chante quoi à nos gamins ce soir ?

 

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