Lettre ouverte à La Maison du Canevas et de la Broderie

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Chère La Maison du Canevas et de la Broderie

Pardonnez moi, mais je vais te tutoyer.
Je ne connais pas ton nom, ton prénom, ni ton visage, alors je vais t’appeler La Maison, ce sera plus simple.

Depuis Août dernier on s’envoie des lettres sans vraiment se connaître, alors aujourd’hui j’ai décidé de briser l’ordre établi.
Voilà, je m’appel Stéphane Pascal et je ne suis pas que le client numéro 1227332.
Je suis moniteur d’auto école. J’ai trois enfants de moins de trois ans et, comme toi, j’ai des moments de joie et des peines.

Toi et moi nous avons un point commun, nous aimons tous les deux la broderie. C’est d’ailleur comme ça que nous nous somme rencontrés.
Le 10 Juillet dernier je t’ai passé une commande d’un montant de 123,30 euros, et depuis tu n’as cessée de m’envoyer des mails et des courriers par la poste. Et même si je ne te répond que rarement, je les lis tous avec envie.
Alors oui, je ne te cache pas que je ne t’ai pas toujours été fidèle. J’ai acheté du matériel de broderie sur un autre site, une fois, dans des merceries de quartier, à deux reprises, et mainte fois dans des magasins plus grand tel que Mondial Tissus ou même Cultura.
Mais malgré ça je continue de te lire. Chaque fois.

Pourquoi ne pas avoir continué à passer des commandes chez toi ? Je dois bien admettre que tes frais de port son un frein à établir une relation plus sérieuse entre nous. Car rarement le besoin d’acquérir pour 69 euros de marchandise ne se présente à moi.

Mais si je t’écris aujourd’hui, La Maison, ce n’est pas concernant des achats, mais plutôt ce petit jeu qui se joue entre nous.

Tu l’auras sans doute remarquée, mais je suis un homme.
Du moins c’est ce qu’indique ma carte nationale d’identité, et pour renforcer cela je porte la barbe.
Malgré le fait que parfois j’applique une lotion sur cette barbe pour la rendre plus douce, ceci ne me retire pas ce statut d’homme, j’ai vérifié.

Alors oui, cela peut surprendre, mais je suis bien un homme et je brode. J’adore ça même. Je fais pas mal de T-shirt pour enfant, je pourrais t’envoyer quelques photos si tu le souhaite.

Mais là est le problème.
J’ai l’impression que tu ne me considère pas comme l’homme que je suis.
Lors de nos premiers échanges, tu commençais tes lettres par la mention « Chère cliente », or comme je te l’ai souligné plus haut, je suis par conséquent un client, titre que m’attribue mon statut d’homme souviens toi.
De plus, au dos de ton courrier, l’enveloppe précisée que tu étais le spécialiste « des ouvrages pour dames ».
Ça y est, tu me faisais me sentir féminin et âgé…

Alors à l’époque j’ai pris ma plume, et sur le ton de l’humour je t’ai fait remarquer que le fait de broder n’entachait nullement ma virilité.

Et lors de ton courrier suivant, la traditionnelle mention « Chère cliente  » était remplacée par le therme « Cher(e) Client(e) ».
Est ce pour moi que tu as fait cet effort ?
En tout cas cela m’a touché. Sincèrement.

Mais je suis taquin, j’ai omis de te le dire au début de cette lettre. Alors je t’ai renvoyé une photo du dos de ton enveloppe, avec ajouté au stylo une petite pique.
« Le spécialiste des ouvrages pour dame… et hommes virils qui s’assument »
Je trouvais ça drôle. Je trouve toujours ça drôle d’ailleur, pas toi ?

Alors voilà, peut être t’es tu sentis piquer au vif, ou alors as tu l’esprit aussi taquin que le mien, mais vendredi j’ai reçu une nouvelle lettre de ta part.
Et au dos de cette lettre, tu avais inscrit « Votre spécialiste en canevas, broderies, laines à tricoter et mercerie depuis 1976 »
Et bien tu sais quoi La Maison ? Tu m’a touchée. Pendant un instant j’ai eu l’impression que tu me disais « tu as raison Stéphane, tu es un homme, tu brodes, ta barbe est douce et tu en a le droit, Bravo. »
J’ai donc ouvert ton courrier, comme à mon habitude, mais mon estime est bien vite retombée. Ta lettre commencée par « Madame »…

Tu vois La Maison, nous nous retrouvons toujours, nous somme juste dans une phase de je t’aime moi non plus.
Mais quand nous serrons tous deux plus mature, nous allons vivre quelque chose de beau j’en suis sûr.
J’ai confiance en toi, tu es capable de grandes choses.

Je t’aime La Maison.
Stéphane.


Et voici donc la réponse de La Maison :

Bonjour Monsieur Stéphane Pascal, c’est avec plaisir, qu’une nouvelle fois, nous lisons l’un de vos messages.

Le remplacement de « Chère madame » par « Cher(e) Client(e) » a été édité pour nos prochains courriers.

Le temps que cela se mettent en place, vous risqué d’être affublé une nouvelle fois du terme de Madame lors de nos prochains courriers (ceux-ci étant déjà imprimé et en cours d’envoi), nous nous en excusons donc par avance…

Sachez que nous sommes fier de compter parmi nos passionné(e)s des hommes virils qui s’assument !

Pour le cas des frais de ports, je vous conseil vivement de vous rendre plus souvent sur notre site internet car nous proposons régulièrement des avantages au niveau de la livraison sans qu’il n’y ai forcément besoin d’atteindre 69€ d’achat.

Créativement vôtre, à très bientôt !

6 commentaires sur “Lettre ouverte à La Maison du Canevas et de la Broderie

  1. Bravo messieurs de vous mettre a l’ouvrage, je connais d’autres hommes qui brodent et qui s’assument et ils me font les même réflexions. Bravo la Maison du Canevas pour votre souplesse.

  2. Cher papa ours,
    C’est avec grand plaisir que je relie nos échanges. Sachez que je suis également votre page facebook depuis vos prises de contacte et j’avoue passer de bons moments.
    J’espère que vous n’avez plus de souci de reconnaissance masculine avec notre société. 😉
    La personne qui vous répond en tant administratrice sur la page facebook de la Maison du Canevas.

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